Face à la force brute et l’absence de politique, avoir une pensée/action sur le pays.

1) La politique des gouvernements dans de nombreux pays se résume aujourd’hui à l’usage de la force brute. La force sans droit, la force pour faire plier, soumettre et détruire si besoin. 
La force brute remplace ainsi toute possibilité de politique : 
Les gouvernants ne réfléchissent plus les situations et les contradictions à résoudre, ne tiennent quasiment plus compte de la vie des habitants du pays et de leurs besoins, ne sont plus dans un rapport de négociation mais imposent leurs décisions par la force et la contrainte. 
La “sécurité” (thème initié ici par le vieux Le Pen il y a déjà quelques années) “l’anti-terrorisme”, « la défense et la grandeur de la République”, ou plus crûment “la grandeur méritée », voilà les prétextes utilisés pour justifier cette brutalité à l’encontre des personnes et des peuples. 

2) Le résultat en est une forme d’Etat chaotique, qui fonctionne avec des “coups” à faire et du sensationnel. Il en résulte des tensions permanentes, où la guerre est toujours là, toujours présente, possible, menaçante. Guerres extérieures et guerres intérieures, avec des ennemis extérieurs et des ennemis intérieurs. Une situation difficile à penser, à maitriser. 

3) Avec l’Etat de la force brute il faudrait se plier et accepter que la pensée soit absentée, et que la vie des gens le soit aussi. Il n’y aurait pas de place pour un possible pensé, voulu et porté par les gens eux-mêmes : toute volonté affirmée, autre que celle reconnue comme officielle, doit disparaitre. Que ce soit par de nouvelles lois toujours plus répressives, par les tribunaux, les mesures d’exception, les violences policières et par le sang versé si nécessaire.

4) En ce qui concerne les politiques extérieures des Etats, ils sont nombreux à sombrer dans la pratique ou l’acceptation de la force brute comme inévitable. La diplomatie, le droit international, les règles imposées, tout cela vole en éclat (on l’a vu et on continue à le voir avec la guerre génocidaire menée par Israël contre les Palestiniens, ou l’acte de gangstérisme à grande échelle des USA au Venezuela ). La faiblesse des Etats européens est à cet égard consternante. 
Devant les guerres de Trump ou de Poutine certaines forces politiques font allégeance soit aux USA, soit à la Russie. Pour la Chine, il leur faut attendre que les choses se décantent un peu avant de se décider.

5) C’est aussi pour cela que la ténacité et la résistance du peuple et de l’Etat Ukrainien sont d’autant plus à saluer et à soutenir face à l’agression Russe.

6) En ce qui concerne les politiques à l’intérieur des pays, beaucoup, et la France n’est pas la dernière, manient la peur “d’un ennemi intérieur” menaçant, à tenir fermement, rabaisser, humilier. Cela donne la mise en place de persécutions ciblées à grande échelle. Le ralliement aux idées du RN au sein de l’Etat et sa présence massive au Parlement sont significatifs de ce basculement.
Sur l’institutionnalisation de l’ennemi intérieur nous n’avons rien à envier aux USA de Trump ; ils sont juste un peu en avance  avec l’utilisation d’un corps armé par l’Etat comme milices politiques de rues (l’ICE, “police de l’immigration”), ayant autorisation de tuer et de maltraiter les gens ciblés de “type latinos”et les opposants. 
Ici, l’obsession du port du foulard dans la rue nous indique bien des choses. Il faut suivre de près le grand mouvement qui a lieu dans de nombreuses villes des USA pour protéger et soutenir les victimes des persécutions raciales et xénophobes. Cela peut nous inspirer.

7) Comment un pays, c’est à dire son peuple, ceux qui y vivent, peut tenir dans ces temps troubles de crises aigües et de grandes tensions, qu’elles soient internes ou externes ?
Tout d’abord on ne peut pas se permettre d’avoir des gouvernements de capitulation, prêts à se vendre, à démissionner devant le plus fort. Cela est vrai à l’échelle de la France mais aussi à l’échelle de l’Europe.
Comment faire face, empêcher ces possibles abandons et capitulations face aux menaces de plus en plus pressantes sur l’Europe (USA, Russie), et cette corruption qui se répand ?
Comment tenir les gouvernements, et les obliger à une certaine droiture ? 

8) Cela n’est possible que si des principes forts existent du côté des gens, principes qu’il faut élaborer, réfléchir, forger et porter.
Dit autrement : seule une politique forte d’égalité, de prise en compte de toute la population, de dignité et de respect de chacun.e peut permettre d’avoir un pays capable de tenir dans les grands tourments actuels et ceux qui s’annoncent.  Cela est aussi vrai vis à vis des populations des restes de l’empire français, notamment en Kanaky : quel rapport de respect et d’égalité, ici, mettons-nous en place en leur direction ?

9) C’est aux gens, aux populations,  de tenir leurs gouvernements. Non par les élections où plus rien ne se joue véritablement si ce n’est l’absentement consenti des gens eux-mêmes, mais par une prise de décision, une action, une volonté à se mêler de la situation, à la penser ensemble, autrement qu’en cherchant désespérément un bon ou une bonne représentante. 

10) Pour cela, il faut être en capacité de développer et porter une idée nationale positive pour les habitants. Il est nécessaire de développer une pensée sur le pays, qui prenne en compte toute la population ; une pensée sur la nation et sur l’Europe, où ce sont les gens, leurs vies qui est au centre des préoccupations.

11) Ce qui fait faiblesse : 

  • c’est de considérer une partie de la population comme un ennemi intérieur, en faire l’alpha et l’oméga de toute décision politique .
  • c’est de participer d’une politique inégalitaire en considérant les plus précaires (travailleurs pauvres, sans-papiers, réfugiés, chômeurs, gens au RSA, malades…), les plus fragiles comme des “inutiles”, des “profiteurs”; 
  • c’est de séparer la population à l’infini (jeunes, gens des quartiers, musulmans, paysans…).

12) Faire peuple ?

Oui, si l’on entend par peuple non des gens fondus dans une masse et répondant à des directives énoncées par des dirigeants, mais un ensemble de singularités, qui chacune porte ses convictions et énoncés et délibère avec les autres. Ce qu’on peut appeler un “peuple subjectif”, qui peut faire puissance.
La parole et la présence des gens, de chacun.e, sont essentielles. C’est à partir de cela, de ce qui est dit et pensé, que peuvent se construire des affirmations fortes et des batailles porteuses de principes prenant en compte tout le monde. 
Cela ne passe pas par la recherche de l’antagonisme avec le pouvoir, mais par la capacité à porter et à mettre en place ce qui permet d’aller vers l’égalité et la fraternité. 
Pour cela, s’appuyer sur soi-même, sur ceux qui cherchent et travaillent dans ce sens.

Jean-Louis
Janvier 2026

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