L’abjection, la lâcheté et la compromission au Parlement : Comment y faire face ? Quels possibles ?

  • Cet hommage, cette minute de silence à la quasi unanimité de l’Assemblée Nationale pour Quentin Démarque, est une véritable honte, une déchéance morale et politique, un reniement de tout principe. La République a vécu, elle vient d’être vendue aux caciques du Front National, rebaptisé RN, pour faire oublier ou plutôt pour rendre acceptable leur véritable terreau : la collaboration avec les nazis en 40, l’anti-sémitisme, l’OAS pendant et après la guerre d’Algérie, la torture et les « ratonnades », la haine et la xénophobie…
  • Un homme qui défile régulièrement avec des drapeaux portant la croix celtique, les symboles nazis et qui appelle à la persécution et à la mort de concitoyens, sur des bases raciales, religieuses ou autre ne mérite aucun hommage national.
  • Tout cela nous montre la très grande faiblesse et la grande lâcheté de ce qu’est le parlementarisme aujourd’hui et la représentation par des partis toujours avides de  pouvoirs et de places.
    Pour défendre des principes pour tous, porteurs d’égalité et de fraternité, il ne faut compter que sur soi même, soi-même pouvant/devant faire force avec d’autres.
  • Le mouvement qui se définit comme antifa vient de vivre ce qu’on peut appeler « son 7 Octobre », et nous le fait vivre à nous tous, qu’on le veuille ou non, et cela dans le sens où on n’agit pas de la même façon que celui qui nous opprime ou qui a la prétention de nous mettre sous la coupe de sa politique d’extrême droite. On ne s’acharne pas sur un homme à terre, même si cet homme ne se comporte pas comme un homme face à l’humanité. Sinon on ne fait que répéter ce que l’on dit vouloir mettre à bas, et c’est un jeu de miroir où il ne peut y avoir qu’un seul gagnant : ceux qui font du maniement de la haine de l’autre le coeur de leurs politiques et de leurs idéologies mortifères et destructrices. 
  • Dire cela ce n’est pas renvoyer dos à dos les uns et les autres  car on ne peut pas se résigner à voir défiler dans les rues des bandes libérées de toute retenue et qui clament leur haine raciste, leur volonté de chasser des habitants de ce pays et d’en découdre avec quiconque ne serait pas d’accord avec eux. 
  • Dire cela pour appeler à travailler à nos propres énoncés pour formuler en positif ce que nous voulons, car « l’anti » ne peut et ne doit nous définir. Il nous faut trouver des chemins, des principes, des règles qui nous préservent d’une telle situation : si on se comporte de la pire des façons, on renforce qu’on le veuille ou non les pires salauds politiques. Tout cela nous apprend aussi qu’il faut trouver, se former, penser avec d’autres afin d’avoir une acuité et une pertinence politiques quant à ce qu’on cherche. Dire que l’on veut et qu’on agit pour le « bien du peuple », c’est parler à la place des gens, agir à leur place. Cela ne donne jamais rien de bon.
  • Il ne s’agit pas d’oeuvrer à une guéguerre stérile, surtout quand la guerre n’est pas là, mais de travailler à faire face dans la situation ouverte de chasse à l’homme et de justification des pires politiques se réclamant de la xénophobie et du rejet absolu de l’autre (fascisme mis au goût d’aujourd’hui : c’est à dire respectable, parlementarisé, ministrable, portant un complet cravate ou un tailleur). Les nervis n’existent dans la rue que par la présence massive de leurs idées dans la vie politique française, où s’entassent des lois xénophobes, sécuritaires, persécutrices qui ont prétention à façonner la vie des habitants.
  • Affichons concrètement qu’on ne laisse pas les plus vulnérables prendre les coups de la politique xénophobe, raciale et anti-pauvres à l’oeuvre dans ce pays depuis des années. Inspirons-nous par exemple de la ténacité et du courage des habitants de Minneapolis en direction de leurs voisins. Inquiétons-nous de nos propres voisins, des quartiers voisins, des jeunes voisins, des femmes voisines ciblées parce qu’elles portent un foulard par exemple, ou d’autres encore qui n’ont pas de papiers et appelés « les OQTF », terme administratif utilisé pour déshumaniser des gens qui vivent ici et que nous côtoyons tous les jours.
  • Absentement ou présentation ? A nous, à chacun.e de créer des espaces d’actions et de pensées, dont le centre est la vie des gens, ce qui leur  arrive, ce qui arrive et ce qu’on veut pour ce pays.

Jean-Louis
23/02/2026

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